L'odeur du printemps

Il ne t'a pas échappé que le temps a récemment changé et on t'a même vu oser pour la première fois le maillot de bain (t'aurais pas dû, on le sait tout). 

Pour accompagner le soleil et les températures clémentes, le changement d'heure a bousillé cette nuit-de-samedi-à-dimanche-où-à-2-heures-il-a-été-3-heures et t'a encore du mal à t'en remettre, manquant depuis un an d'entraînement avec l'abandon des voyages et des jetlags qui vont avec. 

Sur les étals des marchands,  la trilogie poireaux / pommes de terre / carottes a enfin laissé de la place à un renouveau temps attendu, permettant de passer sans transition de la soupe à des petits plats frais, légers et verts. 

Je ne te cacherai pas qu'en cette saison, il y a un produit que j'attends avec autant d'impatience que de gourmandise, alors même qu'il me terrorisait au temps de ma jeunesse dorée : l'asperge. 

Ce qu'il y a de bien avec l'asperge, c'est que, d'un point de vue sociétal, elle me rassure. L'aimant blanche, verte ou violette, elle m'autorise à penser que je ne suis pas si raciste que ça. Fine ou grosse, je l'aime également, ce qui m'autorise à croire que je ne suis pas grossophobe. Enfin, sauvage ou cultivée, je l'apprécie tout autant, m'inscrivant sûrement ainsi dans le courant vegan qu'il est de bon ton de suivre. 

Tout ça pour dire que j'ai acheté ce week-end quelques asperges vertes, cultivées en France, pour un prix au kilo qui a suffit à me rappeler que si les producteurs doivent vivre décemment, ça me fait quand même mal de financer leur SUV allemand et leur coke. 

Mais passons. 

La veille de leur dégustation, j'ai mis à mariner un joli filet-mignon de porc dans un mélange de sauces soja salée et sucrée et d'huile de sésame et accommodée de kumquats (il faudra que je te parle de ma passion pour les agrumes) et d'un oignon rouge émincé. Après une belle nuit dans ce mélange, j'ai fait revenir la viande sur tous les côtés. En parallèle, j'ai blanchi mes asperges. J'ai réuni la viande, la marinade et les asperges et j'ai mis l'ensemble à bRaiser au four pour finir les cuissons. 

Le résultat ? Une viande moelleuse, une sauce réduite et pleine de goût et des asperges encore un peu croquantes qui se sont mariées à la perfection avec les kumqats (il faudra que je te parle de ma passion pour les agrumes). 


Bref, j'ai considéré que ce plat était ma façon personnelle d'accueillir le printemps qui depuis s'en est allé, sans que je me résolve à y voir une relation de cause à effet. 

Et, parce qu'après tout c'est tout de même le titre de ce billet, j'ai bien senti l'odeur du printemps au moment où, rappelé par mère Nature, je suis allé uriné. Parce que l'asperge, c'est bon, mais on est tous d'accord pour dire que cette odeur qui emplit les ouatères c'est pas possible quoi ! 





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